FATY EL JAOUHARI.. "Le public me découvre sous un nouveau jour "
2026-03-31
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Très présente à l’écran ce Ramadan,
Fatima Ezzahra El Jaouhari signe
un retour remarqué avec deux
rôles aux registres opposésEntre
défis artistiques, choix de carrière
assumés et exigence du métier, elle
revient sur une période charnière
de son parcours et sur sa vision
d’une interprétation toujours plus libre, engagée et
en mouvement
Ce Ramadan, vous avez été particulièrement
visible à la télévisionComment vivezvous cette exposition et l’accueil du public ?
vec beaucoup de sérénité, et surtout beaucoup de
joieJe suis très contente, pour moi bien sûr, mais
aussi pour tous les projets auxquels j’ai participéQue
ce soit « 3ech Tma3 » ou « Ras el Jbel », je suis heureuse
pour toute l’équipe : les réalisateurs, les scénaristes, les
techniciens, mes collègues comédiens…
Je suis d’autant plus contente que ces projets
représentaient de vrais challenges« 3ech Tma3 » est un
thriller dramatique diffusé en plein Ramadan, en prime
time — une première au MarocLe fait que la série ait
rencontré un tel succès, que ce soit sur l’application
Forja ou sur l Oula, est extrêmement gratifiantCela
prouve qu’il y a de la place pour de nouveaux genres
Concernant « Ras el Jbel », le défi était tout autre :
adapter une série culte comme « l Hayba », qui a eu
un énorme succèsCe n’est jamais évident de revisiter
un projet aussi populaireJe suis très heureuse que le
public ait répondu présentEt puis, à titre personnel,
je suis contente de revenir aux séries ramadanesques
après huit ans d’absence
C’est une « double présence » avec des rôles très
différentsEst-ce un choix de votre part ?
C’est plutôt le résultat d’un cheminementOn m’a souvent
reproché de travailler par parcimonie, mais ce n’est pas le
casJ’ai toujours cherché à éviter la répétition
Depuis plusieurs années, je fais en sorte de diversifier
mes rôlesCe Ramadan est l’aboutissement d’un travail
engagé depuis deux ou trois ansPar exemple, on m’a dit
que c’était la première fois qu’on me voyait dans un rôle de
femme populaire à la télévisionC’est vrai pour la télé, mais
pas pour le cinémaSimplement, les publics sont différents,
et aujourd’hui, j’ai touché un spectre beaucoup plus large
Je choisis mes rôles en fonction des scénarios, de mes
engagements et surtout de mon envie de ne pas me répéter
C’est essentiel pour moiC’est aussi mon métier : passer
d’un univers à un autre, d’un registre à un autre
Vous incarnez souvent des femmes fortesQu’estce qui vous attire dans ces personnages ?
Pour moi, la femme est forte par définition, quel que
soit son milieu ou son parcoursUne mère au foyer,
par exemple, est une femme extrêmement forte : elle
gère tout, elle organise tout, elle porte énormément de
responsabilités
Ce qui m’intéresse surtout, ce sont des personnages
féminins complexes, avec de la profondeurDes femmes
qui ne sont pas linéaires, qui évoluent, qui traversent
des zones de force et de fragilitéJ’aime aussi jouer des
antagonistes, et aujourd’hui des protagonistesMais ce qui
compte avant tout, c’est la richesse de l’écritureUn bon
personnage vient toujours d’un bon scénario
Comment travaillez-vous pour
rendre vos rôles crédibles ?
Le travail commence toujours par une lecture approfondie
du scénario, souvent en plusieurs tempsEnsuite, je
construis une backstory, un passé au personnage, même
s’il n’est pas entièrement écrit
Je fais énormément de recherches, notamment sur le
terrain, pour éviter toute caricatureJ’accorde beaucoup
d’importance aux détails : la psychologie, la voix, la
posture, les habitudes… Chaque personnage a son univers :
une manière de parler, de respirer, de marcherJe vais
même jusqu’à lui imaginer une playlist ou un parfumCela
me permet de le rendre vivantEnsuite, c’est un travail
collectifJ’échange beaucoup avec le réalisateur, mais aussi
avec les équipes costumes, maquillage, coiffure… Tous
contribuent à construire le personnage
Vous faites aussi partie du casting de la série K-1
Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet ?
D’abord, un nom : Noureddine LakhmariC’est lui qui m’a
proposé le projetJ’y incarne Nadia El Ouazani, procureure
générale de Sa Majesté - un rôle que je joue pour la
première foisC’est un personnage fort, exigeant, qui m’a
demandé beaucoup de préparation
J’ai eu la chance d’échanger avec un véritable procureur,
ce qui m’a permis de travailler sur le langage juridique, les
procédures, la posture… C’était un travail très riche
La série est construite autour d’une unité spéciale, avec
une enquête par épisode, tout en développant une intrigue
globaleC’est un format très international
Qu’apporte K-1 de nouveau dans le
paysage des séries marocaines ?
Déjà, son format en 8 épisodes, avec des intrigues à la fois
indépendantes et liéesEnsuite, les moyens déployés :
préparation, tournage, encadrement… tout a été fait avec
une exigence rarement atteinte au Maroc
Les acteurs ont suivi une préparation physique et
technique à l’cadémie, avec un accompagnement très
sérieuxIl y a eu aussi un véritable souci de réalisme, avec
des consultants professionnelsC’est un projet ambitieux,
qui montre que l’on peut produire des séries de grande
qualité au Maroc
Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?
C’était un tournage intense, sur plus de quatre mois
Il y a eu des moments très forts, notamment certaines
scènes que je ne peux pas encore dévoiler
Mais ce que je retiens surtout, c’est la qualité du plateau
et l’ambiancePour moi, c’était aussi très émouvant de
revenir tourner à 2M, là où j’ai commencé, quinze ans
plus tôt
C’est un rôle qui a marqué un
tournant dans votre carrière ?
Je ne pense pas qu’il y ait un seul rôleTous m’ont fait
évoluer, chacun à sa manièrePeut-être que le personnage
d’watef marque un tournant dans le regard du public
Mais pour moi, chaque rôle est une étape de progression
Des rôles ou univers que tu aimerais explorer ?
Il y en a énormémentJ’ai l’impression d’être au début de
mon parcoursJ’ai encore beaucoup à accomplirJ’aimerais
notamment interpréter des personnages historiques,
explorer de nouveaux territoires, sortir encore davantage
de ma zone de confortujourd’hui, le public me découvre
sous un nouveau jour, et cela me donne encore plus d’envie
et d’énergie pour la suiteKG