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Doha Film Institute : trois projets marocains en sélection officielle

2026-01-27

Le Doha Film Institute (DFI) vient de dévoiler la sélection officielle de son cycle de subventions d’automne 2025, une édition particulière qui consacre un cap symbolique : plus de 1.000 projets soutenus depuis la création de l’institution qatarie, il y a quinze ans. Parmi les 57 projets retenus cette année, issus de 46 pays, le cinéma marocain se distingue avec trois œuvres sélectionnées à différents stades de production.

Parmi les projets les plus remarqués figure Wolfmother, long métrage de fiction du réalisateur Ismaël El Iraki. Coproduit entre le Maroc, la France, la Belgique et le Qatar, le film se déroule à Tanger et suit le destin d’Amira Ouazzani, une contrebandière qui élève seule ses enfants. À travers ce portrait féminin ancré dans les marges sociales, le récit explore les tensions entre survie économique, maternité et équilibre familial. Le projet bénéficie d’un soutien dans la catégorie long métrage de fiction en phase de production.

Le documentaire marocain est également à l’honneur avec Out of School, réalisé par Hind Bensari et coproduit avec le Danemark. Le film s’attache au quotidien de deux enfants vivant dans un village montagneux dépourvu d’accès à l’enseignement secondaire. En mettant en lumière les inégalités éducatives en milieu rural, l’œuvre interroge les trajectoires possibles face à l’exclusion scolaire. Le projet a été retenu pour un accompagnement en post-production.

Dans le registre du court métrage, A Woman Waiting de Zahra Berrada, coproduit avec le Qatar, complète cette présence marocaine. Le film se déroule dans un contexte marqué par la libération de milliers de détenus à la faveur d’une grâce royale. À travers l’attente silencieuse d’une femme, le récit laisse planer l’incertitude sur le retour d’un homme lié à son passé, entre espoir et désillusion.

Au-delà des projets marocains, la sélection 2025 du DFI reflète la diversité des écritures cinématographiques contemporaines. Des œuvres de fiction, documentaires, séries et films expérimentaux composent un panorama riche, couvrant toutes les étapes de la création, du développement à la post-production. Parmi les projets remarqués figurent Occupational Hazards, comédie noire du Jordanien Bassel Ghandour, ou encore Yammi de la réalisatrice tunisienne Hinde Boujemaa, qui explore une fracture intime au sein d’une fratrie.

Le documentaire occupe une place centrale dans cette édition, avec des récits marqués par la mémoire, l’exil et la transmission. Des projets comme Revolutionaries Never Die de Mohanad Yaqubi, construit à partir des archives de la journaliste libanaise Jocelyne Saab, ou Where Do I Belong? du cinéaste soudanais Ibrahim Snoopy Ahmad, témoignent de cette volonté de donner voix à des histoires souvent marginalisées.

Attribué deux fois par an, le programme de subventions du Doha Film Institute s’est imposé comme l’un des dispositifs de soutien au cinéma les plus structurants de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Selon ses responsables, l’objectif demeure inchangé : renforcer la diversité des récits et corriger les déséquilibres de représentation dans l’industrie cinématographique mondiale, en accompagnant des talents issus de contextes peu visibles sur les circuits traditionnels de financement et de diffusion.

 

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