Image

Goya 2026 : Quand le Maroc s’impose dans une sélection dominée par le cinéma d’auteur espagnol

samedi 24 janvier 2026

La publication de la liste des nominations aux Goya 2026 confirme une édition fortement marquée par le cinéma d’auteur et par des récits ancrés dans des territoires chargés de sens. Si Los Domingos d’Alauda Ruiz de Azúa s’impose comme le film le plus nommé de l’année, Sirât d’Oliver Laxe attire particulièrement l’attention par son lien narratif étroit avec le Maroc, qui occupe une place centrale dans l’économie du film.

Récompensé au Festival de Cannes par le Prix du Jury, Sirât cumule onze nominations et s’affirme déjà comme l’un des poids lourds de cette saison. Le long métrage, choisi pour défendre les couleurs de l’Espagne dans la course à l’Oscar du meilleur film international, déploie une fiction tendue autour d’une disparition dans le sud du Maroc. Le parcours d’un père et de son fils, lancés sur les traces d’une jeune femme au cœur d’un environnement minéral et isolé, transforme le territoire marocain en un véritable moteur dramaturgique. Ici, le paysage n’accompagne pas le récit : il le façonne.

Face à lui, Los Domingos confirme la reconnaissance critique dont bénéficie Alauda Ruiz de Azúa. Présenté à San Sebastián, où il avait décroché la Coquille d’or, le film explore le dilemme intime d’une adolescente confrontée à une décision de rupture avec le monde tel qu’elle le connaît. En s’attachant aux silences, aux tensions familiales et aux fragilités intérieures, la réalisatrice livre une œuvre qui interroge le rapport entre foi, émancipation et construction identitaire dans l’Espagne contemporaine.

Autour de ces deux pôles, la sélection 2026 révèle une remarquable densité. Maspalomas et La cena s’installent solidement dans le peloton de tête, tandis que Sorda, El cautivo et Los Tigres confirment l’ouverture de l’Académie à des propositions formelles et thématiques variées. Romería de Carla Simón prolonge, de son côté, la présence de signatures déjà reconnises, témoignant d’une continuité artistique assumée.

La catégorie du meilleur réalisateur illustre cette diversité, réunissant des cinéastes aux univers très distincts, allant de l’introspection psychologique à l’expérimentation visuelle, en passant par des récits nourris par le rapport au territoire. Le segment consacré aux nouveaux réalisateurs souligne, quant à lui, un renouvellement générationnel, porté par des œuvres qui interrogent les marges, les corps et les mutations sociales.

Au-delà des chiffres, cette sélection dessine le portrait d’un cinéma espagnol en dialogue avec le monde, attentif aux fractures intimes comme aux géographies sensibles. La place accordée au Maroc à travers Sirât rappelle, dans ce contexte, la capacité du cinéma à créer des passerelles narratives et symboliques entre les rives.

La cérémonie des Goya 2026 se tiendra le 28 février.

partager
partager
partager
partager
Copier lien

© Cinenews . All rights reserved 3wmedia.ma