À l’occasion de sa sortie nationale en salles, La Mer au loin, le nouveau long métrage de Saïd Hamich Benlarbi, a été présenté en avant-première le Mardi 20 janvier à Casablanca, en présence de l’équipe du film. Une projection événement qui marque l’arrivée sur les écrans d’une œuvre sensible, inscrite dans une veine intimiste où l’errance, l’exil et le désir de liberté composent la matière même du récit.
Un regard intime sur une jeunesse en déplacement
Déployé entre les années 1990 et le début des années 2000, La Mer au loin capte l’élan d’une génération en quête de repères, portée par l’urgence de vivre et traversée par l’incertitude. Le film suit Nour, 27 ans, arrivé clandestinement à Marseille. En marge des trajectoires établies, il apprend à survivre, accumule les petits boulots, les rencontres et les expériences, dessinant peu à peu une cartographie fragile de l’exil.
Son quotidien bascule lorsqu’il croise la route de Serge, policier charismatique, et de Noémie, sa compagne. De cette rencontre naît un trio inattendu, un espace relationnel instable où les rôles se brouillent, où les liens se redéfinissent et où les certitudes vacillent.
Entre chronique urbaine et romance à fleur de peau
Sans jamais céder à l’emphase, Saïd Hamich Benlarbi tisse une chronique urbaine délicate, nourrie de silences, de gestes et de regards. Le film explore les désirs inavoués, les élans contrariés et les rêves persistants, même lorsque le réel impose ses limites. La romance s’y déploie à hauteur d’êtres, loin des schémas attendus, dans un équilibre subtil entre pudeur et intensité émotionnelle.
La mise en scène épurée privilégie la durée et l’observation, laissant affleurer les corps et les territoires comme autant de lieux de tension entre l’intime et le politique. Marseille n’est pas seulement un décor, mais un espace traversé, habité, parfois hostile, souvent magnétique.
Une distribution au service d’un récit humain
Le film réunit Ayoub Gretaa, Nisrine Erradi, Anna Mouglalis et Grégoire Colin dans une distribution qui porte avec justesse la fragilité et la complexité des personnages. Chaque interprétation contribue à ancrer le récit dans une vérité sensible, où la parole compte autant que les silences.
À travers eux, La Mer au loin déploie un cinéma de la nuance, attentif aux identités poreuses, aux figures en déplacement et aux zones de frottement entre destin individuel et contexte social.
Saïd Hamich Benlarbi, un cinéma de la proximité
Réalisateur et producteur franco-marocain, Saïd Hamich Benlarbi développe depuis ses débuts un cinéma de l’attention et de la justesse. Son travail s’attache aux trajectoires marginales, aux corps en mouvement et aux territoires comme lieux de projection et de fracture. Après Retour à Bollène (2016), La Mer au loin confirme une écriture cinématographique où la sobriété formelle accompagne une forte densité émotionnelle.
Une avant-première à Casablanca
L’avant-première de La Mer au loin s’est tenue le 20 janvier au Megarama de Casablanca, offrant au public l’occasion de découvrir en amont ce film qui interroge l’exil non comme un concept, mais comme une expérience sensible, traversée de désirs, de doutes et d’élans contradictoires.
© Cinenews . All rights reserved 3wmedia.ma