On ne compte plus le nombre de fois où l’on a vu Cinema Paradisio, parmi les films cultes les plus cités dans le panthéon du cinéma. Retour sur ce magnifique hommage au cinéma classique et à l’amour de Giuseppe Tornatore.
Il y a les films que l’on regarde. Et d’autres qui nous marquent à vie. Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore appartient à cette rare catégorie de films qui ne parlent pas seulement du cinéma, mais de ce qu’il représente dans une vie : une émotion intacte.
Sorti en 1988, le film raconte l’histoire de Salvatore, cinéaste reconnu qui replonge dans son enfance en Sicile, dans ce petit cinéma de village où tout a commencé. Au cœur de ce souvenir : Alfredo, le projectionniste, figure paternelle et passeur de lumière, qui lui transmet bien plus qu’un amour du grand écran, mais une manière de regarder le monde.
Cinema Paradiso est surtout un film sur le temps. Le temps qui efface, qui emporte tout, les lieux, les visages, les instants… et qui laisse derrière lui une douce nostalgie. À travers la salle de cinéma, Tornatore filme la mémoire collective, l’innocence, les premières émotions, et ce moment fragile où l’enfance bascule vers la vie.
La musique d’Ennio Morricone, inoubliable, enveloppe le récit de mélancolie, tandis que la dernière scène - devenue mythique - reste l’une des plus bouleversantes déclarations d’amour jamais faites au cinéma (voir encadré).
Lors de sa sortie en Italie en 1988, le film n’a pas rencontré le succès attendu. Raccourci puis relancé à l’international, Cinema Paradiso remporte finalement l’Oscar du Meilleur film étranger en 1990, ainsi que le Golden Globe et le BAFTA.
Plus de trente ans après, Cinema Paradiso continue de toucher, parce qu’il parle de nous : de ce que l’on a aimé, de ce que l’on a perdu, et de ces images qui, un jour, ont changé quelque chose en nous.
La scène finale…
Il est seul, dans une salle obscure. Sur l’écran, défilent des images du passé. La scène finale de Cinema Paradiso est juste bouleversante : Salvatore regarde le montage que lui a laissé Alfredo, composé de tous les baisers censurés autrefois par le prêtre du village. Il ne découvre d’ailleurs pas seulement une collection d’images interdites, mais un message : Alfredo, - celui qui lui a appris à aimer les images-, lui restitue tout ce qui a été coupé, comme pour lui rappeler de ne jamais censurer sa propre vie, ni ses émotions. Des baisers qui s’enchaînent et qui racontent l’amour, le désir, le temps perdu, bref, tout ce que le cinéma peut contenir de vie. En rendant au cinéma tous ses baisers, Tornatore lui rend aussi son essence : l’émotion pure.
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