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"The Death of Robin Hood" : quand Hugh Jackman démythifie le prince des voleurs

2026-06-22

L'histoire ? Un héros en fin de vie qui n'en est peut-être pas un !  Vieillissant, grièvement blessé au terme d'un combat qu'il espérait être le dernier, Robin Hood se retrouve recueilli par Sœur Brigid, prieure d'un couvent isolé. Entre ces murs, le temps s'arrête. Et la légende commence à se fissurer.

Car ce Robin Hood que nous présente Michael Sarnoski n'a rien du héros flamboyant des récits populaires. Il n'a pas volé aux riches pour donner aux pauvres — ou si peu. Il a tué, pillé, terrorisé, pour lui-même. Et il le sait. Lorsque les habitants du coin viennent lui conter sa propre légende, il les coupe net. Le mythe lui échappe, et c'est précisément ce gouffre entre la réalité et la fiction qui constitue le vrai sujet du film.

Hugh Jackman méconnaissable

On l'avait vu en Wolverine, en Van Helsing, en Deadpool. Ici, Hugh Jackman se défait de toute armure pour incarner un homme brisé par des décennies de violence. Le regard éteint, la démarche pesante, il disparaît littéralement dans le personnage — certains critiques l'ont comparé à Geralt de Riv dans The Witcher, tant la transformation est radicale.

Face à lui, Jodie Comer (Killing Eve, 28 Years Later) compose une Sœur Brigid à la fois douce et inflexible, dont la foi contraste violemment avec le nihilisme de Robin. Bill Skarsgård incarne Petit Jean, fidèle compagnon déchiré entre sa loyauté envers Robin et son désir de paix retrouvée — une performance tout en retenue qui crève l'écran dans le dernier acte.

Une mise en scène radicale

Tourné en pellicule 35 mm en Irlande du Nord — entre les studios de Belfast, les paysages de Silent Valley et la baie de Murlough — le film s'ouvre sur une première partie d'une brutalité absolument frontale. Les meurtres sont graphiques, sans gloire, presque repoussants. C'est un choix délibéré : Sarnoski veut que le spectateur voie ce que la légende a toujours soigneusement dissimulé.

Puis le film bascule. La prieure accueille Robin, et la caméra ralentit. On entre dans un cinéma de la méditation, du silence habité — la signature de Sarnoski depuis Pig. La photographie de Pat Scola, enveloppée d'une lumière naturelle quasi spectrale, transforme chaque plan en tableau. La bande originale de Jim Ghedi, entre chants folkloriques médiévaux et partitions épurées, ancre le tout dans une temporalité hors du monde.

Ce que le film dit vraiment : le mensonge des légendes

Sous le thriller médiéval se cache une réflexion sur le pouvoir des récits collectifs. Pourquoi avons-nous besoin de héros ? Que faisons-nous lorsque les faits contredisent la mythologie ? Robin Hood, ici rebaptisé « Randall » pour ne pas attirer l'attention au sein du couvent, est un homme que la société a décidé d'ériger en icône malgré lui — ou peut-être justement parce que la vérité était trop laide à regarder. C'est le vrai terrain de jeu du film : l'espace entre ce qu'on a vécu et ce qu'on raconte de soi. Un sujet universel, traité avec une austérité qui peut dérouter, mais qui laisse une trace longtemps après la sortie de salle.

Pour les amateurs de cinéma d'auteur, d'univers sombres et de performances d'acteurs au sommet de leur art, c'est un rendez-vous à ne pas manquer. Pour ceux qui espèrent retrouver les aventures swashbuckling de la Forêt de Sherwood... mieux vaut revoir le dessin animé de Disney.

En salle le 1er juiller.

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