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« The Price of the Sun » : quand le cinéma direct interroge les zones d'ombre du solaire au Maroc

2026-04-20

Présenté en première mondiale au festival Visions du Réel, à Nyon, le nouveau documentaire du cinéaste belge Jérôme le Maire, The Price of the Sun (intitulé en français Du soleil et du plomb), s'impose comme une œuvre de rupture. En s'immergeant au cœur du sud marocain, le film déplace le curseur habituel pour interroger les répercussions humaines d'un modèle énergétique mondialisé.

Un processus créatif fondé sur la patience

L'une des forces majeures de ce long-métrage réside dans son exigence temporelle. Jérôme le Maire a consacré huit années, entre 2017 et 2025, à l'enquête et au tournage de ce projet. Ce temps long a été indispensable pour instaurer une relation de confiance avec une communauté nomade berbère, vivant à l'ombre des imposantes infrastructures solaires du Royaume. Le réalisateur revendique une approche patiente, se tenant à l'écoute d'un territoire aussi sensible que stratégique.

L'esthétique du silence et de l'immersion

Sur le plan formel, le film rejette les codes classiques du reportage didactique. Fidèle aux préceptes du cinéma direct, Jérôme le Maire a fait les choix artistiques suivants :

  • Absence de voix off : Le cinéaste refuse toute explication extérieure pour laisser la place aux sons et aux silences du désert.
  • Caméra à l'épaule : Ce dispositif offre une expérience sensorielle forte, cherchant à donner au spectateur l'impression physique de partager l'espace des nomades.
  • Contraste visuel : La photographie, cosignée par Olivier Boonjing, met en scène la tension entre l'immensité des paysages naturels et la froideur industrielle des miroirs solaires.

Le film comme miroir des paradoxes

The Price of the Sun ne se contente pas de filmer une mutation géographique ; il documente une rupture culturelle brutale. Le film expose comment l'accès à l'eau se restreint et comment la mobilité ancestrale est entravée par le déploiement technologique. Sans manichéisme, l'œuvre souligne une contradiction fondamentale : la volonté de « connecter » le monde via une énergie propre pourrait détruire une société qui, par son mode de vie, est déjà intrinsèquement connectée à son environnement.

En invitant le spectateur à observer ces chaînes d'impacts invisibles, le documentaire de Jérôme le Maire transforme un enjeu technique en une profonde réflexion philosophique sur nos modes de consommation.

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