Le Maroc s’apprête à renforcer son positionnement sur la carte mondiale du cinéma avec un projet d’envergure aux portes de Rabat. Une vaste cité dédiée au septième art, provisoirement baptisée Argan Studios, devrait voir le jour entre Rabat et Casablanca. À travers cette initiative, le Royaume ambitionne de structurer durablement son industrie audiovisuelle et de répondre à la concurrence croissante entre les territoires cherchant à attirer les grandes productions internationales.
Porté par la productrice marocaine Khadija Alami, figure reconnue de la production exécutive de séries étrangères tournées au Maroc, le projet repose sur la création d’un écosystème intégré. Forte d’une longue expérience acquise sur des tournages de productions internationales à succès, la productrice entend franchir un cap en dotant le pays d’infrastructures capables de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur cinématographique.
Selon les éléments de présentation du projet, la future cité du film s’étendrait sur près de 80 hectares. Elle comprendrait plusieurs studios de grande capacité, un campus de formation dédié aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel, ainsi que des hôtels, des centres d’affaires et des espaces de conférences. L’investissement global est estimé à environ 70 millions d’euros, avec une mise en service progressive prévue d’ici 2030. Les premiers travaux pourraient débuter dès cette année.
Au-delà des infrastructures de tournage, Argan Studios se veut un outil structurant pour l’ensemble du secteur. L’objectif affiché est de faire du Maroc un hub africain intégré de l’industrie audiovisuelle, capable d’attirer non seulement des tournages ponctuels, mais aussi des projets de long terme. Ce positionnement suscite déjà l’intérêt de grandes plateformes internationales de streaming, en quête de nouvelles bases régionales offrant des capacités techniques renforcées.
Le projet bénéficie également d’un soutien institutionnel important, signe de son inscription dans une stratégie nationale plus large de développement des industries culturelles. L’État marocain aurait ainsi accepté de mettre à disposition une partie du foncier nécessaire, permettant le lancement d’une première phase qui inclurait un studio opérationnel à l’horizon 2027.
Pour cette étape initiale, la société K Films, fondée par Khadija Alami, prévoit un investissement d’environ 18 millions d’euros, financé en grande partie par un prêt bancaire local. Ce montage illustre l’implication croissante des acteurs nationaux dans un secteur longtemps cantonné à un rôle de simple prestataire pour des productions étrangères.
Avec Argan Studios, le Maroc cherche à changer de statut : passer de décor prisé à véritable plateforme de production cinématographique. Le succès de cette ambition dépendra de sa capacité à attirer durablement les investisseurs, à former des compétences locales et à s’imposer comme un acteur crédible sur le marché mondial du cinéma et de l’audiovisuel.
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