C’est l’un des plus grands succès de l’histoire du cinéma mondial. Une pluie d’Oscars, une bande originale mythique et une réplique ancrée à jamais dans le dictionnaire de la pop culture : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats… ». Pourtant, derrière le sourire candide de Tom Hanks et la magie du réalisateur Robert Zemeckis, le tournage de Forrest Gump (1994) a été un parcours du combattant financier qui a bien failli priver le monde de ce chef-d'œuvre.
Qui n’a pas vu Forrest Gump au moins trois fois ? Ce destin extraordinaire d’un homme simple traversant les grands moments de l’histoire américaine — de la guerre du Viêt Nam aux côtés de son lieutenant Dan, jusqu’aux pas de danse d’Elvis — fait partie du patrimoine mondial de la cinéphilie. Mais si le film a rapporté plus de 670 millions de dollars au box-office, le studio Paramount, lui, n'y croyait plus du tout en plein milieu du tournage.
Quand Tom Hanks a dû payer le film de sa poche
Alors que Robert Zemeckis accumule les retards et les dépassements de budget en raison des effets spéciaux révolutionnaires pour l'époque (notamment pour incruster Forrest auprès de John Lennon ou de John F. Kennedy), les dirigeants du studio paniquent. Ils exigent des coupes drastiques et refusent purement et simplement de financer la scène devenue la plus légendaire du film : la course de Forrest à travers les États-Unis.
Hors de question pour le réalisateur de couper cette séquence qui donne tout son sens au personnage. C’est alors que Tom Hanks et Robert Zemeckis prennent une décision historique à Hollywood : ils sortent leur propre chéquier personnel pour payer de leur poche les frais de tournage de cette longue course à travers le pays. En échange, l'acteur négocie un pourcentage sur les recettes du film plutôt qu'un salaire fixe. Un pari fou mais ultra-rentable, qui rapportera finalement près de 40 millions de dollars à Tom Hanks !
Un rôle en famille (et des détails cachés)
Le saviez-vous ? Le film cache également de jolies anecdotes familiales. Lors de cette fameuse course à pied, harassé par le rythme des prises, Tom Hanks a parfois passé le relais à son propre frère, Jim Hanks, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau et a servi de doublure officielle pour les plans larges de course.
Plus touchant encore : vous vous souvenez sûrement de la scène dans le bus scolaire au tout début du film, lorsque les enfants refusent cruellement de laisser une place au jeune Forrest ? La petite fille rousse qui lui dit non n'est autre que Elizabeth Hanks, la vraie fille de Tom Hanks. Et le garçon qui lui crie quelques minutes plus tard l'iconique « Cours, Forrest, cours ! » depuis son vélo ? Il s'agit du propre fils du réalisateur, Alexander Zemeckis.
L'héritage d'un monument populaire
Trente ans plus tard, l'effet « Madeleine de Proust » fonctionne toujours à plein régime. Au-delà des anecdotes, le film a prouvé qu'un blockbuster mondial pouvait être à la fois extrêmement populaire, drôle, et profondément bouleversant. Un équilibre parfait que l'on ne se lasse pas de redécouvrir le dimanche soir, en se rappelant que ce monument du cinéma n'a tenu qu'au fil du portefeuille de son acteur principal.
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