Le cinéma hollywoodien aurait-il perdu une part de sa liberté lorsqu’il s’agit de représenter le désir et la sexualité ? C’est en tout cas l’analyse défendue par Zack Snyder. Le réalisateur de 300 et Watchmen estime que le grand écran s’est progressivement éloigné d’une représentation plus assumée de l’érotisme, notamment dans les productions destinées au grand public.
Le cinéaste s’est exprimé sur le sujet dans un entretien accordé à Variety, alors qu’il assure la promotion de son nouveau projet indépendant, The Last Photograph, présenté dans le cadre du Festival international du film de Toronto.
Connu pour ses films à forte identité visuelle et ses univers souvent marqués par la violence, Zack Snyder porte également un regard critique sur l’évolution de l’industrie cinématographique américaine.
Selon lui, les productions contemporaines ont tendance à privilégier des récits et des images susceptibles de toucher le public le plus large possible. Dans cette logique, la sexualité et l’érotisme auraient progressivement perdu leur place dans les grands films hollywoodiens.
Cette évolution contraste avec certaines périodes du cinéma américain durant lesquelles des œuvres populaires pouvaient intégrer des scènes sensuelles ou sexuelles sans que celles-ci constituent nécessairement le cœur du récit.
La question renvoie à une transformation plus générale des représentations à l’écran. Des films comme Basic Instinct, Eyes Wide Shut ou encore 9 ½ Weeks ont contribué, chacun à leur manière, à installer la sexualité au cœur de productions destinées au grand public.
À l’inverse, les grandes franchises contemporaines misent davantage sur l’action, les effets visuels et les univers fantastiques ou super-héroïques. Dans ces productions, les relations amoureuses peuvent subsister, mais les représentations explicites du désir sont souvent moins présentes.
Le constat de Snyder ne signifie toutefois pas que le sexe a disparu du cinéma dans son ensemble. Le cinéma indépendant, certaines productions européennes et les plateformes de streaming continuent de proposer des œuvres où l’intimité occupe une place importante.
La réflexion du réalisateur porte donc moins sur la simple quantité de scènes sexuelles que sur la manière dont Hollywood représente aujourd’hui le désir.
L’érotisme peut en effet passer par la mise en scène, les dialogues, les rapports entre les personnages ou encore la suggestion, sans nécessairement recourir à des images explicites. Sa présence ou son absence dépend aussi des genres cinématographiques, des publics visés et des contraintes commerciales.
Le débat rejoint ainsi une question plus large sur la liberté artistique dans une industrie où les studios doivent composer avec les attentes du public, les classifications, les marchés internationaux et les impératifs économiques.
Les propos de Zack Snyder interviennent à un moment où le modèle traditionnel du blockbuster connaît lui-même des transformations importantes. Les studios cherchent à produire des films capables de circuler sur plusieurs marchés et de toucher des publics très différents.
Cette internationalisation peut également influencer les choix de mise en scène et le niveau de représentation de certains sujets sensibles. Dans ce contexte, la sexualité devient un élément parmi d’autres dans l’équation complexe qui détermine la forme finale d’un film.
En dénonçant ce qu’il perçoit comme une disparition de l’érotisme, Zack Snyder relance donc une discussion ancienne : celle de la place du désir dans le cinéma populaire et de la capacité d’Hollywood à prendre encore des risques avec ses représentations.
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